L’AÉQJ se passionne pour la littérature jeunesse d’ici et particulièrement pour ses membres, de fervents auteurs et artisans. Voilà pourquoi nous vous présentons l’une de ses illustres créatrices: Pierrette Dubé !

 

Qu’est-ce qui vous a poussé à écrire ? 

J’ai toujours aimé écrire, mais c’est la lecture de livres à mes trois enfants qui m’a donné le goût d’écrire pour la jeunesse.

 

Y a-t-il des sujets ou des thèmes à propos desquels il vous est difficile d’écrire ?

Je ne suis pas douée pour les histoires tristes.

 

Vous arrive-t-il de vous relire et de trouver votre texte mauvais ?

Souvent! Il y a les mauvais textes récupérables (il faut les retravailler) et les irrécupérables (il faut les oublier).

 

Acceptez-vous de retravailler votre texte à la demande d’un éditeur ?

Toujours. Les commentaires des éditeurs sont généralement pertinents et contribuent à améliorer le texte.

 

Y a-t-il un point commun dans la plupart de vos écrits ?

L’humour et la fantaisie.

 

Avez-vous un droit de regard sur le choix de l’illustrateur ?

Règle générale, l’éditeur propose un ou plusieurs illustrateurs et demande à l’auteur ce qu’il en pense. Idéalement, il en tient compte…

 

Croyez-vous que l’auteur jeunesse doive adopter le langage de ses lecteurs ? Pourquoi ?

Non, parce qu’il est l’auteur, justement, et pas le lecteur. C’est en lisant que l’on apprend à écrire. Comment apprendra-t-on si l’auteur a le niveau de langue d’un enfant ? Cela dit, si le personnage est un enfant, il ne doit pas s’exprimer comme un adulte qui a un doctorat.

 

Sur quels sujet ou thématique avez-vous commencé à écrire ? Pourquoi ?

Ma toute première histoire portait sur l’importance des mots, ce qui n’est sans doute pas un hasard, puisque c’est l’amour des mots qui nous pousse à écrire.

 

Comment choisissez-vous votre éditeur ?

En fonction du texte (certains textes peuvent mieux convenir à un éditeur donné), mais aussi, et surtout, en fonction de la qualité du travail d’édition et du sérieux des efforts de diffusion.

 

Travaillez-vous avec plusieurs maisons d’édition ? Pourquoi ?

Oui. Si l’on écrit des albums ou des mini-romans, il ne faut pas se limiter à une seule maison d’édition, étant donné les longs délais de production, sinon on risque fort de ne publier qu’un seul livre par deux ou trois ans.

 

Vous a-t-on déjà refusé un manuscrit ?

Oui, et on m’en refuse encore…

 

Vos livres sont-ils traduits dans d’autres langues ?

Certains le sont, et c’est toujours un grand plaisir : anglais, italien, espagnol, coréen, chinois…

 

Prendrez-vous votre retraite un jour ?

Je suis à la retraite du travail que j’ai exercé pendant longtemps (traductrice), alors l’écriture est maintenant mon activité de retraite! J’espère la conserver tant que je le pourrai.

 

Avez-vous participé à des concours littéraires ? Avez-vous gagné des prix ? Lesquels ?

Oui. J’avais soumis mes deux premières histoires au concours littéraire de la revue Lurelu, et gagné les premier et deuxième prix. Quelques prix ultérieurs : Prix du livre Monsieur Christie, Prix Québec-Wallonie-Bruxelles de littérature de jeunesse, Prix des libraires, Prix Tout-petits (Grand Prix de la Montérégie), Prix Peuplier (La Forêt de la lecture).

 

Est-ce important à vos yeux de remporter un prix littéraire ?

Ce n’est pas un objectif, mais c’est toujours agréable et encourageant que notre travail soit reconnu. J’ai été particulièrement touchée de recevoir le Prix des libraires, attribué par des gens qui aiment beaucoup les livres, et le Prix Peuplier, remis par des enfants.

 

Êtes-vous sensible à la critique que l’on fait de vos écrits ?

Évidemment! Mais il faut faire la part des choses : on ne peut pas plaire à tout le monde tout le temps…

 

Vos amis proches sont-ils aussi auteurs ?

J’ai quelques bonnes amies qui écrivent elles aussi, et d’autres qui sont étrangères à ce milieu. C’est toutefois avec les amies écrivaines que les « conversations littéraires » sont les plus passionnantes.

 

Pouvez-vous nous parler du livre préféré que vous avez publié? 

La petite truie, le vélo et la lune, l’histoire d’une petite truie qui apprend à aller en vélo.

 

Pourquoi le préférez-vous aux autres ?

Je l’aime bien parce qu’on y trouve à la fois de l’humour et une petite touche de poésie, et aussi à cause des jolies illustrations d’Orbie.

 

Quelle place la lecture occupait-elle chez vos parents ?

Je viens d’une famille modeste, et il n’y avait pas de livres à la maison, parce qu’il n’y avait pas d’argent pour en acheter. J’ai découvert les livres dans la petite bibliothèque de la classe, puis j’ai emprunté des livres à la bibliothèque municipale. Mes parents n’avaient pas eu la chance de faire de longues études, mais ils accordaient une grande importance à l’éducation et nous ont encouragées à étudier, mes deux sœurs et moi.

 

Quand avez-vous écrit votre premier livre ? De quoi parle-t-il ?

J’ai publié mon premier livre en 1988 (ouf! ça fait longtemps…). C’est l’histoire d’un roi qui refuse d’apprendre le nom des choses.

 

Quel était autrefois votre écrivain préféré ?

Le premier livre qui m’a laissé un souvenir marquant est Le pays où l’on n’arrive jamais, d’André Dhôtel, lu en 6eannée.

 

Écrivez-vous la nuit ou êtes-vous plutôt une lève-tôt ?

Jamais la nuit, j’aime trop dormir. Pas trop tôt non plus, pour la même raison!

 

Écrivez-vous sur de longues périodes (plusieurs heures) par jour ?

Je suis peu constante. Je peux écrire plusieurs heures une journée, puis ne rien écrire pendant quelques jours.

 

Vous écrivez à la main ou avec un ordinateur ?

J’écris à l’ordinateur, pour pouvoir me corriger plus facilement et parce que c’est plus rapide qu’à la main.

 

Faites-vous lire votre manuscrit ? À qui ?

Je le fais souvent lire à ma fille, qui est une très bonne critique.

 

Le fait d’avoir eu des enfants a-t-il influé sur votre activité littéraire ? Si oui, de quelle manière ?

Je n’aurais probablement pas pensé à écrire pour les enfants si je n’avais pas eu d’enfants. Aujourd’hui, mes petits-enfants m’aident à rester proche des jeunes.

 

Rencontrez-vous souvent vos lecteurs ? Dans quel cadre ?

Je fais des rencontres dans les écoles ou en bibliothèque, et j’adore voir les réactions des enfants et échanger avec eux.

 

 

Crédit photo: Chantale Lecours – Photographe