L’AÉQJ est passionnée pour la littérature jeunesse d’ici et désire vous faire mieux connaître ses membres – auteurs et fervents artisans – dont Marie Noelle Marineau, ayant nouvellement rejoint notre belle famille!…
Quand vous étiez enfant, lisiez-vous beaucoup ? Que lisiez-vous ?
Oui! Tout ce que je trouvais, surtout des romans. J’ai bien entendu dévoré les différentes collections de La Courte Échelle. Puis, j’ai d’excellents souvenirs du primaire à découvrir des séries classiques comme « La Petite Maison dans la prairie » de Laura Ingalls Wilder, les livres sur la famille Tillerman de Cynthia Voigt et bien entendu, l’œuvre complète de Lucy Maud Montgomery dont je pouvais emprunter plusieurs titres à même la bibliothèque personnelle de ma grande sœur qui lisait encore plus que moi.
Lorsque vous étiez jeune, vouliez-vous devenir écrivaine ?
Je n’ai pas toujours rêvé d’être publiée en tant qu’autrice. Je dirais plutôt que comme j’ai toujours écrit, j’ai toujours souhaité continuer à écrire. Avec les technologies, nous avons la possibilité de partager nos écrits et c’est accessible à tous. C’est ce que j’ai fait pendant 10 ans. Je ne sais pas si j’aurais eu la confiance de faire les premiers pas vers une maison d’édition, de me dire que ce que j’écrivais était assez bon. Mais j’ai eu la chance d’être contactée par la personne qui a par la suite fondé Les Éditions Victor & Anaïs et ça, je crois que c’était un peu le hasard que ça tombe sur moi.
Qu’est-ce qui vous a poussé à écrire ?
Je ne sais pas pour la « moi de 8 ans », mais plus tard, c’est définitivement en lien avec un besoin d’expression. Je suis une personne assez timide, je manque souvent de « timing » dans les conversations pour pouvoir placer un mot (sauf si je suis avec des gens avec qui je suis bien à l’aise, c’est alors tout le contraire!). L’écriture me permet d’exprimer des choses, sérieuses ou un peu fofolles, sans avoir à atteindre ce fameux moment où c’est à mon tour de m’exprimer.
Procrastinez-vous souvent quand vient le temps d’écrire ?
Oui! Je procrastine, ça, c’est certain, mais ça veut dire que je ne suis pas prête à écrire. Et je vais procrastiner… parfois pendant quelques jours. Tout va devenir une priorité SAUF d’avancer mon manuscrit. Puis soudainement, je le sens, c’est le bon moment… et je me lance et LÀ, je ne procrastine plus du tout et j’écris sans relâche.
Acceptez-vous de retravailler votre texte à la demande d’un éditeur ?
Oui! Je considère que l’éditeur a un regard externe que je ne suis pas capable d’avoir sur mes propres textes. Moi, j’ai le « nez collé dessus » et je peux manquer des choses, être maladroite, peut-être, par moment. Je sens que c’est le travail de l’éditeur de noter ces choses et de me les partager afin qu’au final, le texte soit meilleur!
Où puisez-vous vos idées et votre inspiration ?
Partout! Je peux être inspirée par un crapaud sur la piste cyclable, par une conversation que j’entends au parc, beaucoup par mon quotidien avec les enfants, aussi. Tout est inspirant selon moi, même les situations qu’on pourrait jugée de « plates » ont un potentiel d’inspiration très grand!
Lequel de vos personnages vous ressemble le plus ?
J’ai de petits points communs avec la plupart de mes personnages. Par exemple, pour La Clique Alpha: comme William, j’adorais jouer au détective lorsque j’étais jeune, comme Simon, je suis anxieuse, comme Dana, j’aime écrire et parfois, je dis des choses qui peuvent blesser sans m’en rendre compte et comme Alex, j’ai un imaginaire débordant et j’aime bien les extraterrestres. Le personnage qui me ressemble vraiment le plus, cependant, c’est Samira de Chasseurs d’extraterrestres. Comme elle, je suis hypersensible à mon environnement, je suis beaucoup et souvent « dans ma tête », je ne comprends pas toujours toutes les subtilités du langage non verbal et j’ai longtemps eu une passion pour l’espace.
Aimez-vous travailler en collaboration avec l’illustrateur ?
Oui, j’aime pouvoir être en contact avec la personne qui fait la couverture et, lorsque c’est le cas, les illustrations d’un livre que j’écris. Je trouve toujours qu’il y a de très belles idées qui ressortent de nos discussions.
Quels conseils donneriez-vous à quelqu’un qui veut écrire et publier pour la jeunesse ?
Lancez-vous! Je vois trop de gens dire qu’ils aimeraient, sans jamais essayer. Les maisons d’édition ont différentes façons de faire. Certaines veulent recevoir un manuscrit déjà tout prêt, d’autres acceptent de recevoir les grandes lignes d’un projet. C’est habituellement très clair, à même le site Internet. Une fois que vous avez une idée, que vous savez ce que vous avez à produire pour « pitcher » votre idée, allez-y, écrivez! Et si vous ne trouvez pas d’endroit qui peut vous publier dans le moment, le blogue ou même l’autoédition sont des solutions qui peuvent être envisagées pour réaliser votre rêve!
Quels rapports entretenez-vous avec vos éditeurs (strictement professionnel, amicaux) ?
L’équipe est très amicale là où je suis alors avec le temps, j’en suis venue à voir certaines personnes de la maison d’édition presque comme des amis. Ça reste professionnel, bien entendu, mais ça donne des rapports qui sont très « humains » !
Pour ceux et celles qui ont fait l’expérience de l’autoédition : comment avez-vous diffusé l’ouvrage ? Où l’avez-vous diffusé ? Pourquoi aviez-vous choisi l’autoédition ?
J’ai fait l’expérience de l’autoédition pour des projets qui ne sont pas pour la jeunesse et qui avaient des sujets très nichés (en lien avec l’éducation à domicile). Je n’ai pas essayé auprès d’une maison d’édition, je me suis tournée vers le service d’autoédition d’Amazon parce qu’il est facile à utiliser. C’est bien entendu beaucoup plus de travail; il faut presque tout faire soi-même et ça rend l’accès aux librairies très difficile. Ça reste une avenue possible à défaut d’avoir une maison d’édition.
Est-ce que vous pouvez discuter avec des amis de votre activité d’écriture s’ils ne sont pas eux-mêmes auteurs ?
Oui, la plupart des gens autour de moi ont de l’intérêt à en apprendre plus sur mes activités d’écriture et ça me fait toujours plaisir d’en parler. Trop parfois, je m’emporte et j’en parle beaucoup!
Parlez-nous de votre livre préféré (parmi ceux que vous avez publiés) :
Le livre publié que j’ai eu le plus de plaisir à écrire, je crois, c’est Chasseurs d’extraterrestres 1. Chasseurs d’extraterrestres met en vedette deux jeunes qui partent dans la forêt pour faire un herbier pour l’école. Rapidement, ils voient un objet étrange sur la route. Samira, passionnée par l’espace et la vie extraterrestre pense immédiatement que c’est un vaisseau spatial et tente de prouver son point alors que son ami Milo pense que c’est un coffre-fort abandonné par des criminels. J’ai toujours aimé tout ce qui touche l’espace et m’imaginer une vie extraterrestre; ça fait longtemps que je voulais écrire là-dessus. D’ailleurs, dans La Clique Alpha, le personnage d’Alex parle souvent d’extraterrestre… c’était déjà un petit clin d’oeil. Ce que j’ai beaucoup aimé dans l’écriture de Chasseurs d’extraterrestres, c’est que, et je vais faire attention pour ne pas « gâcher de punch », mais il y a beaucoup de recherche pour mener à la finale. J’ai appris beaucoup sur un sujet qui m’était inconnu afin de laisser des indices tout au long de l’histoire sur ce qui se passait vraiment. La partie recherche et le fait de cacher des indices ont été un grand plaisir pour moi!
Le fait d’avoir eu des enfants a-t-il influé sur votre activité littéraire ? Si oui, de quelle manière ?
Oui… probablement que le souhait d’écrire pour un jeune public vient un peu du fait que j’ai ce jeune public à la maison! Quand j’écris, je pense à mes garçons. Ils m’inspirent beaucoup pour tout ce que je fais!
Merci Marie Noelle!
Bibliographie :

Procurez-vous ces livres sur:



