Depuis plus de 30 ans, l’AÉQJ se passionne pour la littérature jeunesse d’ici et de ses créatrices et créateurs.

La rubrique « Autrice chouchou » cherche à procurer un contact privilégié aux jeunes lecteurs ainsi qu’à leurs différents intervenants afin de mieux connaître les membres de l’Association des écrivains québécois pour la jeunesse (AÉQJ), qui regroupe des auteurs jeunesse québécois et de la francophonie canadienne !

Découvrez dès maintenant l’autrice-illustratrice jeunesse Kamon…

SUR L’ÉCRITURE

À quel moment avez-vous commencé à écrire ?
J’ai commencé à seize ans, mais lorsque le recueil de poèmes que j’avais écrit fut refusé aux Éditions du Bien public, à Trois-Rivières, j’ai jeté le livre à la poubelle et mis de côté mon rêve de devenir autrice. Ce n’est qu’en 2009 que j’ai recommencé à écrire et, cette fois, pas des poèmes, mais des livres pour enfants, après plus de trente ans passés dans l’enseignement à l’étranger.

Qu’est-ce qui vous a poussé à écrire ?
Je voulais devenir la future Nelligan !

Où puisez-vous votre inspiration ?
Il y a quelques fois où une simple roche ou un crapaud qui ne peut pas sauter bien haut me suffit pour m’inspirer à écrire un livre.

Dans quel état êtes-vous quand vous écrivez ?
Fatigue, exaltation, impatience, fébrilité, enthousiasme ? Dans un autre monde. Souvent, quand je relis ce que j’ai écrit, je me pose la question : c’est vraiment moi qui ai écrit ça ?

Procrastinez-vous souvent quand vient le temps d’écrire ?
Pas pour écrire le brouillon lorsque les idées pour une nouvelle histoire viennent à moi, mais pour retravailler le texte et pour l’illustrer, oui. Pour le brouillon, je ne peux pas procrastiner, car si je n’écris pas au moment où l’idée me vient, l’idée s’envole, ça m’est arrivé quelques fois.

Avez-vous besoin d’une ambiance de travail, d’un lieu ou d’un rituel d’écriture pour vous plonger dans l’écriture ?
Oui… Du silence…

Éprouvez-vous des difficultés au moment de l’écriture ? Comme le syndrome de la page blanche ?
Oui, alors, des fois, il ne faut pas se presser, on se dit, l’idée me viendra… Et on fixe un jour, une date et on attend ; d’habitude, cela fonctionne. Dans une de mes aventures de Gluskabe, la légende originale disait que Gluskabe avait creusé un canoë dans la pierre… Il faut dire que j’ai arrêté d’écrire l’histoire et j’ai attendu une solution, qui est venue. Il faudra me le demander pour le savoir. 😊

Lorsque vous êtes en travail d’écriture, lisez-vous d’autres auteurs du même genre ?
Non, pas vraiment. Je lis beaucoup de livres tout le temps, même des albums jeunesse, mais si je commence à écrire un nouveau livre, je ne lis pas d’autres albums jeunesse en même temps que j’écris.

Avez-vous des thématiques préférées ou des obsessions liées à l’écriture ?
La mindfulness, la pleine conscience. Je veux aider les enfants en leur donnant des trucs pour une vie sans trop sentir que leur destinée est écrite d’avance.

Y a-t-il des sujets ou des thèmes à propos desquels il vous est difficile d’écrire ? Vous arrive-t-il, dans ces cas, de vous censurer ?
Oui, des fois, quand c’est trop sérieux pour les enfants, alors on recule et on recommence.

Faites-vous lire votre texte pendant la période d’écriture ? À quel moment ?
Seulement après, pour en faire la correction.

Y a-t-il des manuscrits qui dorment dans vos tiroirs ? Pourquoi ?
Il y a une douzaine de débuts d’histoires sur le mémo de mon téléphone cellulaire, mais ce ne sont que des idées ; cela ne veut pas dire qu’elles feraient ou ne feraient pas de belles histoires. Parfois, une idée devient un tremplin pour quelque chose d’autre.

Quel est l’aspect qui vous semble le plus important à travailler dans un texte ?
La lecture à voix haute, cela m’indique quels mots ou quelle tournure de phrase je dois changer.

Sur la littérature jeunesse

Quand vous étiez enfant, lisiez-vous beaucoup ?
J’avais une collection d’atlas illustrés pour enfant de 4 ans. J’ai passé des heures à regarder les cartes des continents illustrant la flore et la faune de ces endroits qui avaient l’air magiques pour moi. Qu’est-ce que je lisais ? J’ai lu tous les Tintin, et je les ai relus et relus, en français, en anglais, et même plus tard en thaï.

Avez-vous toujours rêvé de devenir autrice ou votre venue à l’écriture jeunesse est-elle un hasard de la vie ?
Ce sont peut-être les aventures de Tintin qui m’ont influencée à écrire Les aventures de Gluskabe.

Parlez-nous de votre premier ouvrage pour la jeunesse.
C’était un conte illustré : Hooty et les pouvoirs magiques. Une femelle hibou ne trouve pas de feuilles pour faire son nid, alors elle prend ce qu’elle peut trouver : des feuilles de magazines ou de journaux, ce qui fait que lorsque son oisillon naît, il sait lire.

Quand on écrit pour la jeunesse, croyez-vous qu’on doive adopter le langage des jeunes à qui on s’adresse ? Pourquoi ?
Ce serait mieux, sinon il y a un risque que vos lecteurs décrochent du texte.

Quels conseils donneriez-vous à quelqu’un qui veut écrire et publier pour la jeunesse ?
Faites vos recherches de marketing. Ce qui marche, ce n’est pas nécessairement ce que VOUS voulez écrire, c’est ce que les lecteurs désirent lire.

Sur votre venue à l’écriture

Qui lisiez-vous dans votre jeunesse ?
Les poètes Lamartine, Baudelaire, Nelligan et… Tintin.

Et maintenant, qu’aimez-vous particulièrement lire ?
Des romans historiques et des bandes dessinées.

Écriviez-vous des choses que vous ne montreriez à personne ?
Non, je suis un livre ouvert.

Sur la publication

Comment êtes-vous entrée en contact avec des maisons d’édition ?
Mes livres ont toujours été refusés. D’ailleurs, je n’essaie plus de contacter des maisons d’édition. Je m’autoédite. Mes livres sont là pour ceux qui sont intéressés par le genre de conte que je publie. Il y avait Bayard Jeunesse qui les aurait publiés il y a quatre ans, parce que j’ai ma carte de statut d’Indien. Ils auraient eu de l’aide financière du gouvernement pour les publier. Mais comme je demeure à l’étranger, ils ont changé d’idée.

Parlez-nous de votre pseudonyme.
Mon nom est Diane Therrien, Abénakise née à Nicolet. Mon pseudonyme Kamon est un mot thaïlandais qui signifie « le corps et l’esprit ».

Sur votre famille et votre parcours académique

Où êtes-vous née et où avez-vous vécu ?
En plus d’avoir écrit en français et en anglais et illustré plus de 120 livres pour enfants, j’ai enseigné de la troisième année jusqu’à la onzième, toute ma vie. Je continue d’ailleurs de le faire. Ma grand-mère paternelle était Abénakise de la communauté d’Odanak, dans le Centre-du-Québec. J’ai ma carte de statut d’Indien, mais je demeure maintenant en Thaïlande depuis 37 ans : voilà pourquoi je donne maintenant seulement des animations en mode virtuel.

J’apprends la langue abénakise en ligne depuis deux ans maintenant et dans ma série Les aventures de Gluskabe, j’ai inséré des mots en abénakis avec des pictogrammes. Je crois que les lecteurs n’ont jamais vu quelque chose de semblable. Je peux faire les animations en français ou en anglais. Bienvenue chez Kamon (qui est mon nom de plume) ! Comme je suis aussi diplômée pour enseigner la pleine conscience, j’ai incorporé ce thème, très important pour tous, dans ma version de Gluskabe.

Étiez-vous une élève douée ?
Je n’ai jamais étudié très fort, mais j’ai toujours réussi au-dessus de 70 %. Je ne suis pas un exemple à suivre de ce côté-là ! 😊

Avez-vous collaboré au journal étudiant de votre école ?
En secondaire 5 seulement, mais je suis du genre ermite, alors….

Quels établissements scolaires et institutions avez-vous fréquentés ?
Le Collège Notre-Dame de l’Assomption, le Collège Laflèche et l’Université du Québec à Trois-Rivières.

Sur votre enfance

Lorsque vous étiez jeune, vouliez-vous devenir écrivain ?
Oui, comme je l’ai dit plus haut, je voulais devenir la future Nelligan.

Sur votre processus d’écriture

Combien de temps en moyenne mettez-vous pour écrire un livre ?
Comme je les écris en anglais et en français et que je les illustre moi-même, cela me prend un an.

Vous écrivez à la main ou avec un ordinateur ?
Sur mon téléphone, souvent pour le premier brouillon, lorsque l’idée me vient. Et sur mon portable ensuite.

Écoutez-vous de la musique en écrivant ?
Non, je préfère le silence.

Quelqu’un vous aide-t-il à écrire ?
Non, je fais tout moi-même.

Faites-vous lire votre manuscrit ?
À des gens qui sont des as du français ou de l’anglais, car j’écris dans les deux langues.

Sur votre vie personnelle et vos goûts

Pourquoi avoir choisi de vous installer dans la région où vous vivez ?
Dès 14 ans, je mangeais avec des baguettes… Mon attrait pour l’Asie était plus fort que tout le reste.

Quels sont vos auteurs préférés ?
Ken Follet, Hergé, Dan Brown.

Allez-vous au cinéma ?
Non, le son est trop fort pour moi.

Participez-vous souvent à des salons du livre ? Pourquoi ?
J’aimerais bien, mais comme je vis à l’étranger, ce n’est pas vraiment possible de participer à des salons du livre au Québec.

Connaissez-vous des écrivains célèbres ?
Oui, mais la plupart sont trop vieux… 😊

IL Y A DU FANTASTIQUE DANS VOS CONTES…

Pourquoi avez-vous choisi d’écrire du fantastique pour la jeunesse ?
J’ai choisi le fantastique, car mes connaissances en science ne sont pas suffisantes pour développer une histoire de science-fiction qui serait plausible.

Depuis quand vous intéressez-vous à la science-fiction ?
Depuis ma tendre enfance.

Un récit incorporant des éléments de fantastique permet-il au lecteur de connaître l’avenir ?
Oui, le don des écrivains est de pouvoir ouvrir des fenêtres là où les autres voient des murs.

Croyez-vous aux extraterrestres ? Pourquoi ?
Oui, bien sûr, le gros bon sens veut qu’il y ait d’autres planètes avec un environnement favorable au développement de la vie.

BIBLIOGRAPHIE

NOTE : Vous pouvez trouver les publications de l’autrice à la boutique du musée abénakis d’Odanak et sur le site Amazon.

Le plus récent conte de Kamon s’intitule La partance (2025), tome 11 de « Les aventures de Gluskabe ». Elle a aussi publié plus d’une centaine d’autres livres pour la jeunesse, en français et en anglais, dont voici un aperçu.

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