
Depuis l’an 2000, j’ai eu l’occasion de parcourir le Québec en participant à de nombreux salons du livre et en allant présenter mes œuvres dans les écoles. J’ai également eu la chance de rencontrer des jeunes dans d’autres provinces canadiennes.
Aujourd’hui, je constate que les élèves communiquent beaucoup mieux qu’à mes débuts. Cependant, peu importe leur origine, le lieu où ils habitent ou leur langue maternelle, ils adorent se faire raconter des histoires et ils ont un réel intérêt pour la lecture.
En classe
Les difficultés que j’ai rencontrées provenaient principalement des adultes — et non des jeunes. Certains d’entre eux ne partagent pas ou ne comprennent pas les avantages pour leurs élèves d’une rencontre avec un auteur.
Cela se manifeste par leur réticence à lire les ouvrages de l’écrivain invité ou en ne participant pas activement à l’animation. Certains enseignants quittent la classe, prétextant une urgence, vous laissant seul devant une vingtaine d’enfants.
J’ai déjà dû gérer trois adultes (enseignants et éducateurs) qui parlaient au fond de la classe. Ils étaient moins disciplinés que leurs élèves. Certains corrigent, mangent ou préparent leurs prochains week-ends au lieu d’écouter et de participer à la rencontre.
Il m’est arrivé très, très souvent de me retrouver avec un professeur suppléant qui ne connaissait pas plus que moi les enfants. Dans de tels cas, je crois que le titulaire pense que le ou la remplaçante aura moins de travail parce que l’une des périodes sera comblée par l’auteur invité. Malheureusement, le suppléant est tout aussi perdu que l’invité…
Pourquoi ces enseignants refusent-ils de collaborer ?
- Parce qu’ils n’étaient pas d’accord avec l’auteur choisi ?
- Parce que le moment de l’activité ne leur convient pas ?
- Parce que la routine de la classe sera perturbée ?
- Parce qu’ils ont été avertis seulement le matin de l’activité ? (Oui, ça arrive !)
On finit par tout savoir lorsqu’on mange avec eux le midi…
Heureusement, la plupart des rencontres se déroulent sans accroc (95 %). Cependant, quand on se retrouve dans une situation où tout va de travers, il est difficile de se concentrer sur l’animation à faire. L’enseignant est le guide et le motivateur des élèves.
Des trucs pour éviter les malentendus :
- Remerciez l’enseignant pour l’invitation.
- Demandez à l’avance s’il y a des élèves ayant des difficultés comportementales ou autres enjeux : syndrome de La Tourette, difficultés d’élocution, surdité, TDAH, etc.
- Soyez conciliant et perturbez le moins possible la routine établie en classe (collation, toilette, rangement du sac, etc.)
- En partant, annoncez aux enfants qu’ils sont chanceux d’avoir ce professeur.
- Ne vous offusquez pas si aucun de vos livres n’a été lu et suggérez aux élèves de se procurer ceux qui les intéressent à la bibliothèque. Les parents sont généralement très coopératifs.
Gérer le stress
N’oubliez pas que vous êtes l’invité, que ce sont des enfants qui sont devant vous. Peu importe ce qui arrivera, vous serez capable de gérer la situation. Vos livres parlent pour vous et c’est le principal sujet de l’animation et non pas votre situation personnelle.
Depuis que mes livres sont projetés sur le tableau interactif, les élèves sont moins distraits, car ils voient bien les illustrations. Souvent, ils découvrent des situations dans les images qui ne sont pas dans le texte (surtout aux 1er et 2e cycles).
Salons du livre
Lors des salons du livre, la seule situation triste qui me vient en tête est celle où un parent refuse d’acheter un livre à son enfant, prétextant qu’il le lira trop rapidement, car « il est déjà capable de lire des ouvrages plus longs ».
Ces personnes semblent oublier que les enfants peuvent relire les mêmes livres dix fois. Lorsqu’ils ont un coup de cœur, ça devient une priorité pour eux ! Et surtout, les enfants savent lire les images !
Les éditeurs
Avec les éditeurs, l’approche est tout autre. Il faut être prêt à réécrire notre histoire pour qu’elle entre dans le moule. On doit participer à certains salons du livre, même si on n’en a pas envie.
L’éditeur ne nous dit pas toujours tout, surtout s’il veut notre texte.
Souvent, les droits d’auteur ne seront versés qu’un an ou plus après la publication. J’ai mis du temps à comprendre que les retours des libraires faussent les premiers chiffres de vente.
Si un livre ne se vend pas bien, la plupart des éditeurs refusent de publier une suite ou un deuxième texte.
Je crois avoir fait le tour. Je vous souhaite de belles expériences !
Voir aussi « Louise Tondreau-Levert, l’auteure chouchou de l’AÉQJ »

Depuis 1992, l’Association des écrivains québécois pour la jeunesse (AÉQJ) promeut la littérature jeunesse. La rubrique « Place du partage » vous offre des témoignages de personnes passionnées, engagées à toutes les étapes du cycle du livre, depuis la création jusqu’à la lecture elle-même, en passant par la diffusion et l’enseignement.
© AÉQJ et Louise Tondreau-Levert 2026. Tous droits réservés sur l’ensemble de cette page. On peut reproduire et citer de courts extraits du texte à la condition d’en indiquer l’auteur et la source, mais on doit adresser au webmestre de l’AÉQJ toute demande de reproduction de photos ou du texte intégral de cette page.
Crédit des photos : Gilles Levert


