Vous connaissez Sophie-Luce Morin ? J’espère, puisqu’elle se dévoue avec son équipe à faire rayonner l’AÉQJ à titre de présidente. En plus d’avoir écrit quelques essais, des nouvelles, des romans pour adultes, des romans jeunesse et des albums, elle a aussi écrit des scénarios de téléroman. Elle cumule une trentaine de publications.

Résumé du livre :

La maison est vide depuis que Marina a décroché une promotion. Romain est triste et travaille comme un forcené pour meubler son ennui, abandonnant quelque peu à leur sort Lolita, la petite chatte siamoise, et James, son petit frère. Entre Marina et Romain, une querelle n’attend pas l’autre. Comment l’histoire de cette famille pourtant si unie va-t-elle finir ? Lolita ne perd jamais son optimisme, malgré tout. Parviendra-t-elle à convaincre son frère que l’hiver ne dure pas éternellement ?

À propos de l’auteure :

Après avoir abordé le deuil et la famille reconstituée, Sophie-Luce Morin nous offre aujourd’hui un autre roman émouvant, qui éclaire de manière sensible et intelligente les raisons qui peuvent pousser un couple — et dans ce cas, des parents — à mettre un terme à leur union.

Impossible de ne pas se prendre d’affection pour Lolita et Romain, les animaux de compagnie de la maison, qui vivent ce drame de la même manière que de jeunes enfants le feraient. Impossible non plus de rester insensible aux déchirements de Marina ou de ne pas accéder à la peine immense de Romain.

Les sujets de roman abordés par l’auteure, titulaire d’une maîtrise en études littéraires et bientôt doctorante en psychologie, ne sont pas des plus aisés. Chaque histoire impose de nouveaux défis d’écriture.

« La difficulté, dans l’écriture d’Après l’hiver, le printemps, tient à plusieurs choses », raconte Sophie-Luce Morin. « La première étant la complexité du sujet choisi. Comment, par exemple, expliquer simplement à de jeunes lecteurs que des parents en arrivent à prendre une décision inconcevable aux yeux des enfants ; une décision qui se répercute sur toute la cellule familiale et même au-delà ? Quel prétexte évoquer dans l’histoire pour que ni l’un ni l’autre des parents n’ait à porter le poids de cette séparation ? Comment ne pas tomber dans le mélodrame ou dans l’apitoiement, mais, au contraire, susciter l’espoir alors que tout semble perdu ? Comment éviter, aussi, les clichés ? Car, si c’est plutôt le papa qui fait ses valises dans ces situations, ce roman, lui, met en scène le départ d’une maman de la maison familiale. Enfin, une dernière difficulté est celle de rendre mes histoires le plus intemporelles possible. Ce choix que je fais m’oblige notamment à m’éloigner des expressions à la mode, qui ne durent pas, ou à rester vague en ce qui concerne la technologie utilisée par mes protagonistes. »

Si écrire pour la jeunesse peut sembler un jeu d’enfant aux yeux de certains, l’auteure, quant à elle, considère que ce genre est plutôt de l’ordre du défi, surtout quand il s’agit d’aborder des sujets délicats, comme peuvent l’être le deuil ou l’amour filial. « Raconter les choses simplement avec des mots que les enfants comprennent constitue parfois un réel casse-tête », ajoute-t-elle.

Enfin, soulignons que les illustrations du roman, réalisées par l’artiste peintre Nadia Berghella, dialoguent magnifiquement avec le texte. Les couleurs sont chaudes, les personnages attachants et, pour peu, on pourrait croire que Lolita et James sont de vrais petits de l’humain !

Titre : Après l’hiver, le printemps.
Auteure : Sophie-Luce Morin
Illustratrice : Nadia Berghella
Maison d’édition : Édition du Phoenix
Date de sortie : Mars 2017
Lectorat cible : 7 à 10 ans