L’AÉQJ vous présente, à travers une entrevue exclusive, un de ses membres et en fait son auteur chouchou ! Aujourd’hui, Monique Loubert répond à nos questions !

 

À quel moment, dans votre vie, avez-vous commencé à écrire ?

Je pense avoir toujours écrit… Je ne me rappelle pas d’où, ni de qui, m’est venu l’idée mon premier journal personnel, mais très jeune, je confiais mes « pensées secrètes » et des poèmes à un petit journal que je cachais… jusqu’au jour où, adolescente, j’ai su que ma mère, inquiète de me voir fréquenter un adulte, avait lu dans mon journal. Sur un coup de tête, j’ai alors brulé tous mes journaux personnels et j’ai pris plusieurs années à recommencer à écrire.

Au cours de ma carrière d’orthophoniste, j’ai très souvent utilisé des albums illustrés en thérapie. Je nous revois encore par terre, l’enfant tenant le livre, assis entre le parent et moi, et nous partions dans le monde merveilleux des histoires… J’ai aussi souvent inventé des histoires quand je n’en avais pas sous la main à lire.

 

Qu’est-ce qui vous a poussé à écrire ?

Il n’est pas étonnant qu’une fois à la retraite, j’ai eu le goût de me mettre à l’écriture d’histoires pour les enfants. Étant de nature « besogneuse », j’ai lu des tonnes d’albums illustrés; je les ai analysés, décortiqués, réécrits même, tout en suivant des cours sur le web principalement sur le site de Writer’s Digest University.  Et j’ai lu plusieurs livres sur l’art d’écrire pour la jeunesse. Pour n’en nommer qu’un, le plus important à mes yeux est Writing Picture Books d’Ann Whitford Paul. C’est cette auteure qui m’a fait analyser les albums que j’aimais et ceux que je n’aimais pas.

 

Faites-vous lire votre texte pendant la période d’écriture ? À quel moment ?

J’ai beaucoup fait lire mon travail en cours d’écriture, un peu trop d’ailleurs, car influençable et manquant d’assurance, quand une personne me disait que je devrais plutôt écrire ceci ou cela ou de telle manière, je le faisais puis, un peu après, je me rendais compte que je reculais au lieu d’avancer… j’ai alors eu le goût d’avoir des conseils professionnels. Au Québec, j’ai consulté Danielle Malenfant et aux États-Unis, j’ai fait traduire mes deux histoires pour les soumettre au « 2nd Draft Critique » du Writer’s Digest University. Ces deux consultations professionnelles m’ont beaucoup aidée.

 

Lorsque vous terminez l’écriture d’un manuscrit, êtes-vous déjà prêt à commencer l’écriture du prochain ?

J’ai d’abord écrit quelques histoires que je n’ai pas menées jusqu’à la publication. Puis, j’ai écrit le premier tome des Zoulis et c’est la réflexion d’une enfant de maternelle qui m’a poussée à écrire non pas une suite, mais un point de vue différent des mêmes évènements dans un deuxième tome. Je croyais en rester là, mais plusieurs enfants ont fait des suggestions m’amenant à penser à une suite.

De plus, le goût d’impliquer une jeune héroïne sourde gestuelle m’a amenée à ce troisième tome que je suis en train d’écrire. On peut dire que les Zoulis m’habitent. J’aimerais bien ressortir une histoire de mon tiroir qui me tient particulièrement à cœur et qui n’a rien à voir avec les monstres. Ne peut-on pas écrire jusqu’à 100 ans? Si oui, il me reste encore beaucoup de temps devant moi!

 

Aimez-vous travailler en collaboration avec l’illustrateur ?

Une des grandes peines de ma vie est de ne pas savoir dessiner, car je vois mes histoires en action comme dans un film avant d’y mettre les mots. Dans mes nombreuses lectures sur l’écriture, j’ai souvent lu que l’auteur, une fois le manuscrit écrit, devait laisser place à l’illustrateur qui s’appropriait le texte et le mettait en images selon sa propre interprétation.

C’est quand j’ai fait la recherche des Maisons d’édition que j’ai vu qu’il pouvait en être autrement. Ainsi, avec Essor-livres éditeur avec qui j’ai publié en partenariat, je pouvais choisir l’illustrateur. La jeune illustratrice que l’éditeur m’a proposée, et dont j’aimais le style, a voulu voir les dessins maison (non, non, pas dessinés par moi, mais par ma belle-fille!) que j’utilisais dans mes premières rencontres avec les enfants.

Elle a aussi accepté que je lui fournisse un Storyboard descriptif de mon histoire. J’ai écrit ce Storyboard à la manière d’un scénario pour un film : pour chaque page. Je décrivais la scène, les personnages et l’action à illustrer. On a fait un va-et-vient extraordinaire pour toutes les étapes de la production des illustrations. J’ai adoré travailler avec elle.

Et l’aventure se poursuit…