L’AÉQJ vous présente, à travers une entrevue exclusive, un de ses membres et en fait son auteur chouchou ! Aujourd’hui, Manon Plouffe répond à nos questions !

 

À quel moment avez-vous commencé à écrire ?

Très jeune, j’adorais lire les séries Fantômette et Le club des cinq et j’inventais des histoires ou, plutôt, je recopiais des histoires déjà existantes en changeant le nom des personnages. Mais à 9 ans, j’ai reçu Alice au pays des merveilles en cadeau. Ce fut le coup de foudre pour cette histoire remplie d’originalité et de créativité. Le bonheur de découvrir qu’un livre pouvait transporter le lecteur dans des mondes bien éloignés de la réalité, tout en donnant le goût d’écrire.

 

Où puisez-vous votre inspiration ?

Tout m’inspire : un article de magazine, une personne croisée dans la rue, une photo, une toile dans un musée, une scène de film, une anecdote.

 

Éprouvez-vous le syndrome de la page blanche ?

Jamais. Ce que je connais, c’est l’éparpillement. Il y a tant de choses qui m’intéressent, que j’ai constamment des tonnes d’idées dans la tête et que cela me prend un temps fou pour les trier.

 

Lorsque vous êtes en travail d’écriture, lisez-vous d’autres auteurs du même genre ?

Quand je suis 100 % dans le processus de rédaction, non. Car je veux que ce que j’écris coule bien. Mais avant de rédiger mon plan, je lis plusieurs livres pour voir ce qui existe ou pas sur le sujet que je traite. Je veux être différente et unique. Pour toutes ces raisons, j’écris très lentement.

 

Vous arrive-t-il de vous relire et de trouver votre texte mauvais ?

Absolument. Je suis ma pire critique. Surtout quand je relis le tout après l’avoir mis de côté. Pour régler le problème : je retravaille mon texte. Encore. Et encore.

 

Acceptez-vous de retravailler votre texte à la demande d’un éditeur ?

Toujours. Je considère qu’un auteur qui est incapable d’accepter les corrections sur son manuscrit a un problème. Personne n’est parfait. On l’apprend très vite dans le milieu de l’édition, surtout quand de véritables professionnels nous accompagnent comme un directeur littéraire et un réviseur extraordinaires.

 

Quel est l’aspect qui vous semble le plus important à travailler dans un texte ?

La chronologie des événements. Rien de plus affligeant que de lire une histoire qui comporte des erreurs de date ou d’âge. C’est un manque de respect envers le lecteur.

 

Vous rappelez-vous votre sentiment lorsque votre premier livre a été publié ?

Je le tenais serré contre moi comme si j’avais gagné à toutes les loteries du monde. C’était le plus merveilleux des trésors!

 

Vous a-t-on déjà refusé un manuscrit ?

Un manuscrit? Vous voulez dire, plusieurs manuscrits? Je conserve toutes les lettres de refus transmises par les éditeurs à l’égard de mes manuscrits. Je peux nettement voir qu’il y a plusieurs années, les éditeurs prenaient le temps de souligner les faiblesses des manuscrits proposés. Aujourd’hui, dans le cas de refus, on reçoit souvent une lettre type. Aussi, des éditeurs se préoccupent si peu des auteurs qui leur proposent des textes qu’ils ne prennent même pas la peine de leur envoyer un accusé de réception même par Internet, qui est pourtant gratuit. Quand je reçois une lettre de refus, je me remets au travail pour me dépasser.

 

Savez-vous si certains de vos écrits ont été intégrés dans des programmes de littérature du primaire ?

Certaines de mes bios historiques parues aux Éditions Isatis, dans la collection « Bonjour l’histoire », y sont utilisées pour compléter les acquis scolaires des élèves.

 

Pourquoi faites-vous partie d’une association comme l’AÉQJ ?

Je suis membre de l’AÉQJ depuis des années. J’en retire de grands bénéfices. Comme le travail d’auteur est un travail solitaire, c’est parfois la seule façon d’apprendre qu’on peut soumettre sa candidature pour participer à tel événement organisé par l’organisme X. Aussi, l’AÉQJ fait tout pour promouvoir les livres de ses membres. Par l’entremise de son site privé « Cours de récré » sur Facebook, l’association répond aux interrogations des auteurs comme les droits d’auteur, les contrats, les maisons d’édition, etc. Une véritable mine d’or!

 

Enfant, que faisiez-vous de votre temps libre ?

Je lisais beaucoup, jusqu’à 50 livres par été, et je faisais du sport. À l’école, j’étais sage comme une image, mais à la maison, j’avais besoin de sortir mon surplus d’énergie. Cela n’a pas changé.

 

Quelles relations aviez-vous avec vos enseignants ?

Au secondaire, j’ai eu enseignant qui a eu une grande influence sur moi, l’hypertimide effacée, solitaire et indépendante. Sur un de mes textes, il avait écrit : « Discrète Manon, riche de talents. Continue, tu iras loin ». L’an dernier, je lui ai rendu hommage au cours d’une amicale.

 

Avez-vous gagné des prix pendant votre parcours scolaire ?

À l’école secondaire, j’ai gagné le deuxième prix d’un concours littéraire doté d’une bourse de… cinq dollars!

 

Écoutez-vous de la musique en écrivant ?

J’écris souvent dans le silence. Mais si je mets de la musique, elle ne doit pas comporter de paroles, car je me laisse emporter. J’ai un faible pour Chopin, pour Yann Tiersen et pour les Résonances boréales du pianiste québécois Roman Zavada.

 

Avez-vous des passions autres que la lecture et l’écriture ?

J’ai des versions d’Alice au pays des merveilles en allemand, anglais, espagnol, estonien, grec, hongrois, italien, néerlandais, polonais, portugais, tchèque, turc, ukrainien et vietnamien. Aussi je fais toujours du sport. J’en ai pratiqué une foule avec plus ou moins de succès incluant aérobie, courses de 5, 10 et 20 km, escalade, golf, gymnastique, judo, parachutisme, patin à glace, ski alpin, vélo, yoga. Désormais, je ne pratique que des sports qui s’exécutent dehors et qui combinent cardio et passion : jogging, ski de fond, tennis et traîne sauvage. C’est mon exutoire.