L’AÉQJ vous présente, à travers une entrevue exclusive, un de ses membres et en fait son auteur chouchou ! Aujourd’hui, Magali Laurent répond à nos questions !

À quel moment, dans votre vie, avez-vous commencé à écrire ?

Je me souviens très bien de cette étape de ma vie. J’avais 14 ans et je venais de terminer un roman de René Barjavel, un classique de la science-fiction française. Ce livre a été un choc. En le refermant, j’ai su que je voulais faire ça moi aussi : écrire des histoires pour faire naître des émotions chez les gens. La journée même, j’écrivais ma première nouvelle fantastique. Elle est partie à la poubelle le lendemain. La corbeille s’est vite remplie…

Vous arrive-t-il de vous relire et de trouver votre texte mauvais ?

Très souvent! C’est le cas de beaucoup d’écrivains que je côtoie. Je crois que c’est une malédiction dans ce métier (ha! ha!). Toutefois, avec le temps, j’arrive à prendre plus de recul sur mes textes. Je m’efforce de ne plus les trouver « mauvais », mais « imparfaits ». Si c’est une catastrophe, je le sens dès l’écriture des trente premières pages et, dans ce cas, j’efface tout et je recommence. Il m’est même arrivé d’abandonner des histoires auxquelles je ne croyais plus.

Que répondez-vous à ceux qui pensent que la littérature jeunesse est inférieure à celle destinée aux adultes ?

Je leur demande ce qu’ils ont lu. Souvent, ces personnes connaissent très peu la littérature jeunesse, voire pas du tout. Ils ignorent que l’écriture d’un roman jeunesse exige la même rigueur qu’un livre pour adulte. Ce n’est pas parce qu’on s’adresse aux enfants ou aux adolescents qu’on peut se permettre de prendre ça à la légère. Les thématiques abordées sont aussi fortes et délicates que celles utilisées en littérature adulte. Par contre, la manière de dire les choses est différente. Les jeunes lecteurs mettent beaucoup d’énergie à se construire, et les livres leur offrent la possibilité d’apprendre, de se distraire, de découvrir d’autres façons de penser. En ce sens, les auteurs jeunesse ont une très lourde responsabilité, car ils interviennent à une période charnière de l’existence.

Avez-vous été encouragé à écrire ou vous a-t-on plutôt découragé ? Par qui ?

J’ai eu la chance de rencontrer Stéphane Marsan, fondateur des Éditions Bragelonne, quand j’avais 20 ans. Je lui avais envoyé mon curriculum vitae pour un stage, ainsi que deux de mes nouvelles. Il a pris le temps de me rencontrer et on a surtout parlé de mes textes. Il m’a dit qu’il y avait encore du travail, que je devais retrousser mes manches, mais qu’il voyait beaucoup de potentiel dans mon écriture. J’avais envie de pleurer. Il a allumé une lanterne en moi, et cette lumière m’a aidée à continuer, même dans les moments de doute. Je le remercie mille fois pour ça!

Vous rappelez-vous votre sentiment lorsque votre premier livre a été publié ?

Il y a eu des larmes (de joie). Je n’y croyais pas. J’avais eu beaucoup de mal à me séparer de mon manuscrit, je pensais que c’était mauvais (ah! tiens…), qu’il fallait le travailler, encore et encore. Alors, quand j’ai reçu ma boîte avec mes exemplaires, les vannes se sont ouvertes. Après ça, j’ai fêté!

Est-ce toujours vous qui choisissez le titre de vos histoires ?

Les titres que je choisis ne sont jamais retenus (rires). À vrai dire, je suis plutôt souple sur ce point. Je fais confiance aux éditeurs, ils ont l’expérience. Billy s’appelait Isilaac initialement, c’est le nom du monde fantastique dans lequel mon héros atterrit. Quant à B.O.A., j’avais opté pour L’empire du sang, mais mon éditrice a eu tout à fait raison de m’avertir que ça faisait trop fantastique, parce qu’il s’agit d’un récit post-apocalyptique. Dans les deux cas, je suis très heureuse du changement.

Avez-vous des romans qui ont été réédités ? Si oui, combien ? Lesquels ?

J’ai récupéré mes droits sur les deux premiers tomes de la trilogie Billy au début de l’année 2017. Comme j’avais déjà autoédité le troisième et dernier tome, j’ai décidé de faire la même chose avec les deux premiers. La réédition du tome 1 de Billy (Le mystère de la Pierre de Vie) vient tout juste de sortir. Il est disponible sur le site de Bouquin Bec. Le tome 2 réédité devrait sortir pour Noël, et la trilogie sera alors complète. C’est une expérience enrichissante qui me fait découvrir un volet du métier qui avait toujours été, dans mon cas, géré par l’éditeur.

Est-ce important à vos yeux de remporter un prix littéraire ?

Important, non. Gratifiant, oui. Les auteurs travaillent tellement fort sur leurs livres que la reconnaissance, en fin de compte, peut paraître minime. Un prix littéraire, c’est une claque dans le dos, un encouragement reçu directement du milieu littéraire. Ça fait du bien.

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