L’AÉQJ vous présente, à travers une entrevue exclusive, un de ses membres et en fait son auteur chouchou ! Aujourd’hui, Martine Latulippe répond à nos questions !

À quel moment, dans votre vie, avez-vous commencé à écrire ?

Enfant, j’étais plutôt timide. J’adorais lire et je me réfugiais souvent dans la lecture pendant que les autres s’amusaient. Grâce aux livres, j’oubliais tout ! Je découvrais des mondes fascinants. Très tôt, j’ai voulu à mon tour inventer des univers, j’ai commencé dès le primaire à écrire des débuts de romans, des poèmes, etc. J’ai d’abord publié quelques nouvelles — j’ai gagné notamment le premier prix du Cercle d’écriture de l’Université Laval (1996),  le premier prix du concours de nouvelles STOP (1999) — puis j’ai décidé de transformer l’une de ces nouvelles, qui me semblait en avoir le potentiel, en roman. C’est devenu un court suspense, Cami, publié chez Arion au printemps 1996. J’avais 24 ans. Je n’ai plus arrêté de publier depuis !

Quand vous étiez enfant, lisiez-vous beaucoup ? Que lisiez-vous ?

J’étais une lectrice insatiable, qui adorait passer des soirées à la bibliothèque municipale du quartier ! J’aimais lire des romans (j’avais  notamment un faible pour la série Alice, de Caroline Quine) et des BD. Je lisais tout ce qui me tombait sous la main, pour être honnête ! Par la suite, à l’adolescence, sont venus les coups de cœur littéraires marquants : Les trois mousquetaires, Le Seigneur des anneaux, la série Dune, etc.

Qu’est-ce qui vous a donné envie d’écrire pour les enfants ? Y a-t-il eu un événement déclencheur ?

D’aussi loin que je me souvienne, je rêvais d’écrire des livres ! Il n’y a pas eu de « choix » réfléchi en tant que tel pour écrire pour la jeunesse, tout s’est mis en place comme si ça allait de soi ! Je ne me rappelle pas m’être dit : « Je vais écrire pour les enfants ». Je lisais et j’écrivais, beaucoup, tout le temps, et j’ai travaillé pendant plusieurs années dans des camps de vacances et des terrains de jeux. J’adorais inventer des histoires pour mes campeurs, créer de grands jeux et des thématiques pour eux. C’était naturel pour moi de raconter aux enfants.

J’inventais aussi souvent des histoires pour ma nièce, Roxanne, quand elle venait dormir chez moi, et elle m’a demandé un jour de mettre une de ces histoires par écrit… C’est devenu mon premier roman jeunesse, Simon l’espion amoureux (il est évidemment amoureux de la belle Roxanne !), et j’ai tellement pris goût à écrire pour les jeunes lecteurs que je ne suis presque pas revenue à l’écriture pour adultes après ma première publication,  en 1996. Je ne force pas les choses, je ne m’oblige pas à écrire pour les enfants seulement, c’est simplement que les idées qui me viennent sont des idées de romans jeunesse. En même temps, comme j’écris autant des albums pour des tout-petits que des romans pour ados, c’est très varié, je ne m’ennuie jamais, je passe d’un univers à l’autre et j’adore ça !

Prendrez-vous votre retraite un jour ?

Je ne crois pas ! J’espère pouvoir toujours écrire. Je ne me vois pas arrêter. Même si c’est mon travail, ce n’est jamais une corvée ! J’ai publié plus de 70 livres, et j’ai toujours autant de plaisir à le faire, j’ai toujours hâte d’écrire et je trouve que je manque de temps pour écrire tout ce que je voudrais. Alors la retraite ne fait pas partie de mes plans !

Avez-vous participé à des concours littéraires ? Avez-vous gagné des prix ? Lesquels ?

Oui, j’ai eu le bonheur de gagner quelques prix déjà, notamment le Prix littéraire Ville de Québec/Salon International du livre de Québec, catégorie jeunesse, à trois reprises (2007, 2009, 2013). J’ai aussi eu des livres dans le Palmarès Communications Jeunesse à trois reprises, en plus de gagner le Prix Magazine Enfants Québec de l’album jeunesse de l’année 2010. J’ai aussi eu des nominations au Prix des libraires, au Prix Tamarac Express, au Prix Hackmatack, etc. Je me sens chaque fois privilégiée, avec tout ce qui se publie chaque année ! Ce sont de belles tapes sur l’épaule !

Pouvez-vous nous parler du livre préféré que vous avec publié ?

Je crois que mon livre préféré, parmi ceux que j’ai écrits, est Le Cri. C’est un suspense pour ados, un livre assez dur, mais dont je suis plutôt fière. Il parle d’intimidation et il permet de lancer de belles discussions en classe. Plusieurs lecteurs m’ont écrit après avoir lu ce roman. Je pense que c’est une bonne histoire, mais surtout que c’est un livre qui peut être utile. Il m’a également permis de vivre des moments fort touchants lors de rencontres scolaires.

Lorsque vous étiez jeune, vouliez-vous devenir écrivain ?

J’en rêvais, oui ! Je n’avais jamais rencontré d’auteur, je n’en connaissais aucun personnellement, mais j’étais une grande lectrice. Je lisais tout le temps et j’ai eu envie d’essayer à mon tour d’inventer des histoires. Au fil des ans, j’ai eu d’autres idées de métiers (journaliste, notamment, donc on reste très près des mots !), mais mon premier choix demeurait toujours le même : écrire de la fiction. J’ai réalisé ce rêve… et je suis toujours une aussi grande lectrice !

Où puisez-vous vos idées et votre inspiration ?

L’inspiration  vient de partout autour de moi ! Dans presque chaque livre, il y a quelque chose qui vient vraiment de ma vie, de ce que j’ai vu ou vécu. Le quotidien est toujours ma principale source d’inspiration, j’aime observer les gens, leurs réactions, essayer de comprendre une scène que j’entraperçois, inventer une suite à une discussion que j’entends… Tout devient prétexte à écrire !

Écrivez-vous la nuit ou êtes-vous plutôt un lève-tôt ?

Je l’avoue, je n’ai aucune discipline. Je n’écris pas à heure fixe, les idées me viennent le plus souvent quand je ne suis pas chez moi (j’ai toujours au moins un carnet sur moi et je prends des tonnes de notes partout où je vais), j’écris même très souvent dans les hôtels, pendant des tournées de rencontres scolaires. En revanche, j’ai des moments préférés pour écrire : tôt en avant-midi et tard en soirée ! J’écris toujours à la main d’abord, sans plan. Si j’ai le malheur de faire un plan précis, j’ai envie de passer à autre chose, d’inventer d’autres personnages.

Merci à Martine Latulippe pour ces confidences !

Crédit photo auteur: Julie Beauchemin