L’AÉQJ vous présente, à travers une entrevue exclusive, un de ses membres et en fait son auteur chouchou ! Aujourd’hui, Ginette Lareault répond à nos questions !

À quel moment, dans votre vie, avez-vous commencé à écrire ?

Enfant, j’aimais écrire des histoires que je déchirais avant qu’on ne les lise. Je m’inspirais des faits du quotidien et des films. Cela occupait la petite fille qui n’était pas sportive. Je n’avais pas de public cible, dit à la blague.

Adulte, j’ai fait des ébauches de romans qui sont encore enfouis dans ma garde-robe. J’ai fait un peu de poésie. J’ai commencé à écrire pour les enfants il y a dix environ. Le fait d’enseigner aux jeunes des techniques d’écriture m’a donné le goût de créer moi aussi, de sortir du cadre académique. J’avais besoin de créer des histoires joyeuses, dans un bon français, j’ai donc choisi d’écrire pour les enfants.

Qu’est-ce qui vous a poussé à écrire ?

J’ai un besoin de m’exprimer par le biais de la fiction. Écrire, c’est un exutoire dans lequel je me sens libre.

Où puisez-vous votre inspiration ?

Probablement dans la lune! Je suis distraite et pensive. Mon inspiration vient de partout, autant dans les situations du quotidien, partout où je vais, que dans les grands événements du monde. J’ai travaillé auprès des jeunes. Mes enfants et leurs amis ont été des bons exemples pour moi. Mes petits-enfants m’inspirent beaucoup. Je m’intéresse à la psychologie des enfants. Je lis beaucoup sur le sujet.

Avez-vous besoin d’une ambiance de travail, d’un lieu ou d’un rituel d’écriture pour vous plonger dans l’écriture ?

Mon bureau à la maison est ma place préférée. J’utilise l’ordinateur. Mais il m’arrive d’écrire à des endroits inattendus comme à bord d’un avion où j’ai écrit une histoire sur tous les espaces vides du livre que je lisais. J’ai déjà écrit une histoire sur des feuilles de liste d’épicerie. Les napperons de restaurant me servent aussi quand me vient une idée.

Que pensez-vous de vos premiers ouvrages publiés ?

Malgré toutes les hésitations que j’ai eues, j’ai un attachement particulier à ces ouvrages. Mes petits-enfants y sont représentés subtilement. J’ai pris de l’expérience, j’ai appris beaucoup. Je suis fière de les avoir faits.

Avez-vous toujours rêvé de devenir auteur ou votre venue à l’écriture jeunesse est un hasard de la vie ?

Mes rêves étaient flous. Je suis arrivée à la littérature jeunesse par hasard. Après avoir enseigné plusieurs années le français et les techniques du conte, j’ai décidé de faire mes devoirs. J’ai écrit d’abord pour ma petite-fille. Je l’amenais au Jardin botanique pour voir les citrouilles et rencontrer Esméralda, la sorcière et aussi ma collègue de travail. Ma petite avait une peur bleue des sorcières. J’ai décidé de lui inventer une histoire plutôt rigolote. Potiron, cacahuète, la soupe est prête est devenu le premier album d’une série de six contes qui porte le nom, Les Larcyberda.

Cette collection a été le début de mes élans créateurs pour l’écriture jeunesse. Évidemment, j’ai composé, dans la série, des histoires qui font de jolis clins d’œil à tous mes petits. J’aime étonner les enfants et raconter des histoires. Mes élèves ont entendu de nombreux faits cocasses. Quelle passion!

Ensuite, j’ai fait un projet inattendu avec l’auteure, Anne-Marie Quesnel, un recueil de nouvelles pour les dix ans et plus, Histoires craquantes.

Je suis revenue aux petits avec un style plus moderne avec Toc, toc, toc, le bonheur!

Ma petite dernière m’a inspiré ce livre. La naissance est au cœur de l’histoire. Et de façon tout à fait spéciale, j’ai coécrit un album avec mon petit-fils de sept ans, un jour, où il avait besoin de s’exprimer.

Cela a donné La vache aux gros yeux qui fait fureur auprès des jeunes. J’ai commencé la collection Manège qui permettra à d’autres enfants de s’exprimer. Je continue aussi à faire mes albums personnels. Je suis donc ouverte à toutes sortes de projets. Je n’aurais pas penser publier, un jour, des albums jeunesse. C’est un bonheur pour moi.

Aimez-vous travailler en collaboration avec l’illustrateur ?

Oui, c’est un plaisir. Je lui laisse beaucoup de liberté. Il est bon de suggérer quelques modifications, ce qui rend le texte encore plus éloquent. J’aime être surprise par l’interprétation que l’illustrateur fait de mon histoire. Laurence Dechassey, avec qui je travaille actuellement me surprend agréablement et travaille de façon professionnelle.

Pourquoi faites-vous partie d’une association comme l’AÉQJ ?

Cela vous aide-t-il à vous donner une visibilité, à mieux faire la promotion de vos livres, à avoir accès à des fonds, à participer à des événements publics ?

L’AÉQJ me permet d’être moins isolée. Les personnes sont sympathiques. Les échanges sont intéressants. Je m’instruis sur le monde de la littérature jeunesse.

Enfant, que faisiez-vous de votre temps libre ?

Le bolo, la corde à danser, le ballon, le vélo étaient mes activités principales. J’avoue que le bord du trottoir doit avoir mes empreintes parce que je m’y suis assise souvent pour rêver et imaginer des histoires. Je n’étais pas tellement style princesse. Seuls les chevaliers avec leurs chevaux pouvaient s’y retrouver occasionnellement. En fait, je peux dire que je m’ennuyais parfois. Je suis contente que les enfants d’aujourd’hui puissent avoir autant de livres.  

Quand vous commencez à écrire une histoire, la connaissez-vous en entier ou improvisez-vous au fur et à mesure ?

Au début de l’écriture d’une histoire, j’ai une idée, mais souvent je la modifie. C’est la beauté de l’écriture, on peut changer d’idée, c’est une forme de liberté.

Les membres de votre famille lisent-ils vos livres ?

Bien entendu, mes petits-enfants sont les premiers lecteurs de mes albums publiés. Ils sont fiers et me font de la promotion, hihihihihi. Toute ma famille lit mes albums. Mon mari m’encourage beaucoup et me démontre de l’appréciation.