Ma première rencontre avec l’AÉQJ s’est déroulée au téléphone, en 2004. Au bout du fil, une fille formidable me demandait si je souhaitais faire une rencontre d’auteure dans une école ! OH QUE NON !!! JAMAIS !

Pourtant, j’avais survécu à bien pire ; entre autres à un arrêt cardiaque, qui m’avait laissée pour morte treize minutes, me condamnant à affronter les séquelles qui accompagnent généralement ce genre d’accident. Honnêtement, m’imaginer fixée par plusieurs paires d’yeux d’enfants trépignant d’impatience, et moi, figée, ne sachant que leur dire, me terrorisait. Mais la voix de l’ange au bout du fil m’a si bien rassurée — croix sur son cœur que tout irait bien —, que j’ai finalement accepté son invitation !

Le temps a passé. La fille des villes que j’étais est devenue une femme des champs, entourée d’eau, d’arbres et de montagnes. Seule ombre au tableau : ma ville ne disposait d’aucune bibliothèque. Je sais bien que nul monde n’est idéal, mais on peut toujours espérer s’en approcher.

La magnifique bibliothèque de la municipalité voisine n’étant pas gratuite, l’idée a rapidement germé en moi d’en avoir une à Orford, surtout pour les jeunes. Cette fois-ci, c’est moi qui suis allée cogner à la porte de l’AÉQJ pour discuter du projet que j’avais en tête !

J’ai aussi commencé à en parler aux gens et aux conseillers municipaux lors des rencontres de la municipalité. Chaque fois, l’espoir m’était permis. Les auteurs de l’AÉQJ répondant à mon appel, les livres jeunesse commençaient à s’entasser chez moi. En tout, 300 livres m’ont été offerts. Quelle générosité !

Cependant, mon beau rêve s’est presque éteint quand des représentants du conseil municipal m’annoncèrent qu’ils avaient changé d’avis et que mon projet de bibliothèque tombait à l’eau. Je ne sais comment vous dire l’ampleur de ma déception.

Heureusement qu’elle fut brève ! Le lendemain, je recevais un courriel de l’organisme à but non lucratif Orford 3.0, qui m’informait que mon rêve allait pouvoir se concrétiser. En 24 heures, je suis passée de la déception la plus profonde à un bonheur des plus intenses.

La bibliothèque Mont Livres a fêté sa première année de vie en mars dernier. Elle compte aujourd’hui 114 abonnés et près de 1500 livres. Nous avons même pu faire nos premiers achats au Salon du livre de l’Estrie. Ce n’est que le début d’une belle histoire qui existe avant tout grâce au soutien de l’AÉQJ et de ses membres.

Merci du fond du cœur !

 

Dominique Tremblay