L’AÉQJ vous présente, à travers une entrevue exclusive, un de ses membres et en fait son auteur chouchou ! Aujourd’hui, Danielle Malenfant répond à nos questions !

Qui vous a donné envie d’écrire?

Trois femmes sont à l’origine de ma passion pour l’écriture. D’abord ma mère, qui me racontait des histoires chaque soir. Grâce à elle, j’ai commencé à composer des poèmes dès l’âge de neuf ans. Deux ans plus tard, mon enseignante de sixième année m’a offert Le brevet de l’élégant poète. À la même époque, ma grand-mère maternelle me demandait de rédiger des communiqués de presse pour des organismes communautaires dont elle était membre. C’était très gratifiant de voir mes communiqués publiés dans les journaux locaux.

Quel genre de textes écriviez-vous à l’adolescence?

En plus de me confier quotidiennement à mon journal intime, j’écrivais beaucoup de poésie. À l’occasion, un ou une amie me commandait un poème pour déclarer son amour à quelqu’un ou pour mettre fin à une relation…

Vous rappelez-vous votre sentiment lorsque votre premier livre a été publié?

Je n’oublierai jamais le lancement de mon premier roman : c’est ce que j’ai vécu de plus euphorisant après la naissance de mes enfants et de mes petits-enfants. Depuis la publication de Jean-Vert est à l’envers, en 2004, j’ai publié des albums illustrés, des romans jeunesse, des romans-lettres, des pièces de théâtre, des jeux éducatifs, des cahiers pédagogiques, des nouvelles littéraires, des contes de Noël, des scénarios interactifs, etc. J’ai aussi accumulé au cours des années une impressionnante collection de lettres de refus; elles me rappellent qu’il faut parfois déployer de nombreux efforts et faire preuve d’une persévérance inébranlable pour réaliser un grand rêve. Je n’y serais sans doute pas arrivée sans le soutien de ma famille et de mes amis.

Avant la publication de votre premier livre, connaissiez-vous d’autres écrivains, des journalistes, des éditeurs?

Je ne connaissais personne du milieu de l’édition. J’avais l’impression d’être une extra-terrestre qui vivait loin de ses semblables jusqu’à ce que j’entreprenne des études en création littéraire à l’UQAM. Enfin, je ne me sentais plus obligée de justifier mon besoin viscéral d’écrire et mon désir d’être publiée à tout prix. J’étais entourée d’étudiants et de professeurs qui éprouvaient la même passion que moi.

Y a-t-il des écrivains qui vous ont influencée ou qui vous influencent encore?

Au secondaire, j’ai joué un petit rôle dans la pièce Les belles-sœurs. J’ai vécu mon plus grand coup de foudre littéraire. Depuis, je suis une admiratrice inconditionnelle de Michel Tremblay. Plusieurs autres écrivains m’ont influencée et inspirée, en particulier : La Comtesse de Ségur, Lucy Maud Montgomery et Antoine de Saint-Exupéry.

Où puisez-vous votre inspiration?

Selon moi, nous sommes tous des personnages et la vie quotidienne ressemble à une pièce de théâtre. Mes enfants et mes petits-enfants représentent à eux seuls une source d’inspiration inépuisable. Alors, j’observe et je note continuellement tout ce qui se passe autour de moi. Ensuite, mon imagination prend la relève.

Avez-vous des thématiques préférées?

Oui, comme j’ai travaillé au sein de différents organismes communautaires et que les comportements humains me fascinent, j’ai traité, entre autres, des sujets suivants : les émotions, les valeurs, les conflits, le mensonge, les relations parents/enfants, le deuil, la pauvreté et la violence conjugale.

Vous arrive-t-il de retravailler un texte en espérant qu’il soit retenu par un éditeur?

Oui, très souvent. Certains de mes romans ont établi des records en ce qui concerne le nombre de versions que j’ai écrites ou le délai qui s’est écoulé entre la première version et la publication :

  • Le temps d’un naufrage: 3 versions et 17 ans d’attente;
  • Les petites misères de Meghan Barrière: 2 versions et 15 ans d’attente;
  • Une amie pour Lili-Rose: 6 versions, 10 ans d’attente et 101 refus.

Lorsqu’il s’écoule autant d’années entre la rédaction d’une histoire et sa publication, je dois modifier plusieurs éléments qui diffèrent selon les époques : les prénoms populaires, les expressions à la mode, la technologie existante, etc.

Que répondez-vous à ceux qui pensent que la littérature jeunesse est inférieure à celle destinée aux adultes?

Quand des gens affirment que : « Les livres pour enfants, ce n’est pas de la vraie littérature », je leur demande : « Saviez-vous que les enfants sont de vraies personnes? »

Lequel de vos personnages vous ressemble le plus?

Probablement « mémère paquet de nerfs », une grand-mère hyperactive que j’ai eu beaucoup de plaisir à créer et qui tient la vedette dans un roman-lettres publié chez Aventures Édition. Honnêtement, j’espère pour mon entourage que je suis un peu moins étourdissante qu’elle…

À quoi correspond, selon vous, le rôle social de l’écrivain?

Guy Corneau disait que chaque être humain doit s’occuper de ses talents et les offrir aux autres afin de rendre le monde meilleur. Selon moi, l’écrivain peut apporter sa contribution à la société en dénonçant des situations par le biais de ses personnages, en permettant aux lecteurs de vivre des émotions ou en transmettant sa passion pour la lecture et pour l’écriture, par exemple. C’est la mission que j’essaie d’accomplir.