L’AÉQJ vous présente, à travers une entrevue exclusive, un de ses membres et en fait son auteur chouchou ! Aujourd’hui, Danielle Boulianne répond à nos questions !

 

À quel moment, dans votre vie, avez-vous commencé à écrire ?

Dès que j’ai compris qu’avec des lettres, je pouvais faire des mots. C’était réglé. J’allais devenir une auteure.

Éprouvez-vous des difficultés au moment de l’écriture ? Comme le syndrome de la page blanche ?

Aucunement. Quand je n’ai rien à écrire, je n’écris pas. Je ne souffre donc jamais devant mon ordinateur. L’acte d’écrire doit être agréable. À mon avis, en tout cas!

Vous arrive-t-il de vous relire et de trouver votre texte mauvais ?

Souvent! Et si un jour cela ne m’arrive plus, je verrai à me trouver un autre métier, car nous sommes beaucoup de choses, mais nous ne sommes pas parfaits.

Acceptez-vous de retravailler votre texte à la demande d’un éditeur ?

Évidemment! Il est impossible de pondre un texte qui soit parfait et ne nécessite aucune correction d’un premier jet. Et souvent, pour ne pas dire tout le temps, les demandes de mon éditeur sont plus que justifiables.

Avez-vous toujours rêvé de devenir auteure ou votre venue à l’écriture jeunesse est un hasard de la vie ?

Rêve de petite fille : Quand je serai grande, j’écrirai des romans! Questions souvent posées : Tu vas te marier, Danielle ? Tu vas avoir des enfants? Une maison? Un chien? Réponse (toujours la même) : Quand je serai grande, j’écrirai des romans! Pour le reste, on verra.

Que répondez-vous à ceux qui pensent que la littérature jeunesse est inférieure à celle destinée aux adultes ?

Qu’ils sont tellement dans le champ ! Écrire pour la jeunesse n’est pas réducteur. Au contraire ! Nous faisons lire les adultes de demain.

Écriviez-vous des choses que vous ne montriez à personne ?

Quand j’étais ado, je ne faisais jamais lire ce que j’écrivais, parce que c’était plus personnel et intérieur (poésie, nouvelle, etc.) En grandissant, j’ai compris qu’on écrit pour être lu ! J’ai donc pris mon courage à deux mains et j’ai commencé à faire lire mes textes à mes amis.

À qui faisiez-vous lire vos écrits ? Quels avis récoltiez-vous ?

Depuis que je suis officiellement auteure, la première et la seule personne qui a le droit de lire mes romans avant mon éditrice, c’est mon père. Pourquoi ? Selon lui, c’est mon plus grand fan et je serai damnée si quelqu’un devait lire avant lui !!! Bien qu’il soit mon père et qu’il m’aime d’un amour inconditionnel, il ne fait pas dans la dentelle. Quand il n’aime pas quelque chose, je le sais. Et c’est pareil quand il adore.

Vous rappelez-vous votre sentiment lorsque votre premier livre a été publié ?

Joie, bonheur, fierté, accomplissement, réalisation d’un rêve, mal de joues parce que tout à fait incapable d’arrêter de sourire. J’ai dû passer deux boîtes de Kleenex parce que j’ai pleuré de joie en voyant mon premier livre et surtout en me mettant le nez dedans !

Vous a-t-on déjà refusé un manuscrit ?

On m’a dit non plusieurs fois pour mon premier manuscrit. J’y croyais. Je me suis retroussé les manches et j’ai persévéré. Et ça a fini par payer !

Prendrez-vous votre retraite un jour ?

Oui, le jour de ma mort et pas avant. Pourquoi? Parce qu’écrire n’est pas un travail. C’est une passion.

Est-ce important à vos yeux de remporter un prix littéraire ?

C’est bon pour l’ego, parfois pour le portefeuille, mais ça ne fait pas vraiment vendre de livres. La chose la plus importante pour moi, c’est mon lecteur qui vient me voir pour me dire qu’il aime ce que je fais. Ça vaut tous les prix du monde.

Êtes-vous sensible à la critique que l’on fait de vos écrits ?

Une fois encore, la seule critique qui m’intéresse est celle que mes lecteurs me donnent. Pour le reste, il faut vivre avec. Il y aura toujours quelqu’un qui n’aimera pas ce qu’on fait.

Est-ce que vous pouvez discuter avec vos amis de votre activité d’écriture s’ils ne sont pas eux-mêmes auteurs ?

Oui, tout comme mes amis peuvent me parler de leur métier. Mais on n’y passe pas toute la soirée. Nous ne nous définissons pas par notre métier.

Pouvez-vous nous parler du livre préféré que vous avez publié ?

C’est comme demander à une mère lequel de ses enfants elle aime le plus. Je les aime tous. Mais si je dois (devais) choisir, je sélectionnerais Voyage au centre d’un vidéopoker, parce que j’adore l’histoire, que le thème du jeu compulsif est souvent oublié en littérature, que c’est mon seul roman ado et que, parfois, la fiction permet aux auteurs de passer des messages aux personnes qui leur sont chères…

Pouvez-vous en résumer l’histoire ?

Roger passe tout son temps devant une machine vidéopoker, mais est convaincu de ne pas avoir de problème de jeu, de ne pas être dépendant. Jusqu’au jour où sa machine lui offre de ne faire qu’un avec lui. Dans sa folie, il accepte. Il est intégré à la machine et atterrit au pays des cons. C’est là qu’il prendra conscience de sa dépendance. Saura-t-il la vaincre? Sera-t-il plus fort que l’appel du jeu? Retrouvera-t-il sa famille? Y a-t-il un avenir pour lui autre que le jeu?

Parlez-nous de votre parcours scolaire et des choix d’études que vous avez faits.

J’ai choisi d’étudier la langue et les communications plutôt que la littérature. Je suis passionnée d’écriture, mais également du français. J’ai donc choisi d’étudier la linguistique pour bien connaître ma langue. Et quand on connaît bien sa langue, c’est plus facile de jouer avec elle.

Quand une idée jaillit, prenez-vous des notes ?

Oui. Je traîne souvent un calepin pour prendre des notes. Sinon, je trouve un bout de papier, j’y note des choses et je l’enfouis au fond de ma poche. J’oublie ensuite le fameux bout de papier. Je le retrouve avant de faire le lavage et là, je peux le noter de nouveau, sur un fichier informatique.

Quand vous commencez à écrire une histoire, la connaissez-vous en entier ou improvisez-vous au fur et à mesure ?

Non. Elle se développe au fur et à mesure, bien que le fil conducteur soit là. Mais je n’ai aucune idée de la fin, c’est certain, car elle est induite par ce qui va se passer.

Vous arrive-t-il de mener de front deux, trois romans ?

Je l’ai déjà fait et, dans mon cas, ce n’est pas une bonne idée : le personnage principal de ma série de hockey a changé de nom au courant du tome 2 sans que personne ne s’en aperçoive !!

Quelle partie d’un texte est la plus difficile à écrire ? Le début ? La fin ? Le milieu ?

La première phrase, car elle lance le roman et elle doit m’inspirer pour la suite.

Le fait d’avoir eu des enfants a-t-il influé sur votre activité littéraire ? Si oui, de quelle manière ?

Oui. Ma série sur le hockey existe, car mon fils détestait la lecture et je voulais l’accrocher.

Avez-vous une ou des passions autres que la lecture et l’écriture ?

Oui, les voitures et la course! J’y ai même consacré deux livres!

Quels sont les sports qui vous intéressent ? En pratiquez-vous un ?

J’aime le hockey, la course automobile, la boxe, tous les sports olympiques d’hiver. Suis-je sportive? Pas du tout!

Participez-vous souvent à des salons du livre ? Pourquoi ?

Je les fais tous. Parce que c’est important de rencontrer nos lecteurs et de jaser avec eux. Ce sont les critiques les plus importants.

Avez-vous des animaux ?

Oui, un chat. Il s’appelle Attila, mais on l’appelle aussi Gros lala, créature mythique des océans, fils poilu, frère poilu, beau bébé et plein d’autres noms. Et comme on vient du Saguenay, on ne s’en sort pas, on l’appelle aussi Gros Là là!

 

Merci à Danielle Boulianne pour ces confidences !