L’AÉQJ vous présente, à travers une entrevue exclusive, un de ses membres et en fait son auteur chouchou ! Aujourd’hui, Carole Jean Tremblay répond à nos questions !

À quoi reconnaît-on, selon vous, un grand écrivain ? Un grand texte ?

Un grand texte ajoute aux connaissances du lecteur, approfondit sa compréhension du monde, et le touche au niveau des émotions, à travers un langage soigné et fluide. L’auteur qui peut faire tout cela, même sans être un prix Nobel ni un « best seller », est un grand écrivain.

Enfant, que lisiez-vous ?

Jeune, je lisais beaucoup, surtout perchée en haut dans l’étable où je respirais l’odeur du foin destiné à mon cheval. Ce n’est pas surprenant que j’adorais lire des histoires de chevaux. Mais je n’ai jamais pensé devenir auteure. Maintenant, ce sont mes souvenirs d’enfance (Po-Paul et Ratatouille), de mes enfants (Po-Paul et la pizza toute garnie) et de mes petits enfants (Dodo, Rufus ! Do, Re, Mi, Rufus ! pour lesquels je cherche un éditeur…) qui m’inspirent.

Racontez-nous vos débuts dans l’écriture.

Enseignante en anglais langue seconde, j’ai écrit plusieurs cahiers d’activité, publiés chez HRW/Le grand duc. Ces cahiers comportent des textes, des jeux et des contes originaux. De là est venu mon désir d’écrire pour les enfants (The Old Man and the C, Pineapple Press, 2006).

Mais des idées me venaient souvent en français. Alors, j’ai crée le personnage Po-Paul, qui poursuit maintenant quatre aventures chez Bayard Livres (Po-Paul et le nid-de-poule, Po-Paul et la pizza toute garnie, Po-Paul et le contrôleur de chiens, et Po-Paul et Ratatouille).

Vous rappelez-vous votre sentiment lorsque votre premier livre en français a été publié ?

Je pensais combien ma mère aurait été fière de moi, même s’il lui aurait fallu se fier aux illustrations pour comprendre. J’étais doublement contente à la sortie de mon deuxième livre, Po-Paul et la pizza toute garnie, quand il a reçu un très beau recensement dans lurelu.

Peu de temps après sa parution, nous avons reçu de la parenté chez nous. Toute de suite en arrivant, mes deux petites nièces, tout excitées, sont allées dans mon bureau trouver ce nouveau livre. Je les ai épiées ensemble, l’aînée lisant à haute voix à sa sœur. Ça m’a fait un petit velours…

Avez-vous participé à des concours littéraires ?

En 2001, je fus lauréate au Concours littéraire de la Montérégie, catégorie tout petits, pour mon texte Si la neige était rouge. C’était avant la publication de mon premier livre. Ce prix m’a encouragée et renforcé mon désir de publier des livres jeunesse.

En 2016, mon comptine Petit mon nez  a gagné le deuxième prix lors du concours « J’invente une comptine » de la Fête de la lecture et du livre jeunesse.

Avez-vous déjà participé à un ou des événements publics ?

J’ai participé à un panel sur la littérature jeunesse au Festival Met Blue. Nous étions trois auteures et une illustratrice. Après une courte présentation de la part de chacune, nous avons répondu à des questions de l’assistance. À une question sur les redevances, j’ai raconté l’incrédulité de mon dentiste quand je lui ai dit qu’il me faudrait vendre 2000 livres pour payer sa facture. Il m’a offert un escompte.

Lequel de vos livres préférez-vous ?

Comment choisir entre ses enfants ?

Je pourrais choisir « Po-Paul et le nid-de-poule », puisqu’il était mon premier manuscrit en français à devenir un vrai livre. Au fait, quelque chose me disait que ce texte-là m’ouvrirait la porte au monde de la littérature jeunesse.

Ou je pourrais choisir « ThePatriot Conspiracy », un roman politique pour adultes publié aux États-Unis, puisque j’ai réussi à amener à terme ce projet de longue haleine, et qu’en plus, il y a un aspect autofictif, que mes amis ont sûrement détecté.

Parlez-nous de votre parcours scolaire.

Après ma graduation d’une école secondaire au Massachusetts, j’ai été admise à l’Université de Stanford, en Californie. Pendant ma deuxième année, j’ai fait un stage de six mois à Tours, en France. En revenant, j’ai déclaré une concentration en lettres françaises pour compléter mon bac. La rencontre d’un étudiant québécois a scellé mon destin : mariage, déménagement au Québec, trois enfants, et aucun regret !

Une fois mes trois enfants à l’école, j’ai suivi un programme d’une année à l’Université de Montréal afin d’avoir un permis d’enseignement. On trouve la suite à la troisième question.

Vous servez-vous du dictionnaire ?

Et comment ! Il me faut un dictionnaire, un thesaurus, et mon Bescherelle. Il ne faut surtout pas se fier au correcteur du logiciel, même parfois il « corrige » en anglais un texte écrit en français. Cela peut donner de drôle de mots. Oh, et il faut toujours faire réviser par une autre personne. Chaque fois que je saute cette étape, je le regrette.

Quand vous n’écrivez pas, quels sont vos passe-temps ?

J’aime beaucoup lire. (Ça, vous le savez déjà !) J’aime faire des mots croisés. J’aime faire de la marche rapide. J’aime voyager. J’adore quand quelqu’un d’autre fait mon souper pour moi.

Carole Jean Tremblay

www.carolejeantremblay.blogspot.com