L’AÉQJ vous présente, à travers une entrevue exclusive, un de ses membres et en fait son auteur chouchou ! Aujourd’hui, Aimée Verret répond à nos questions !

Acceptez-vous de retravailler votre texte à la demande d’un éditeur ?

Non seulement j’accepte de le retravailler, mais je pense que tout bon éditeur devrait faire retravailler les textes! Même les excellents manuscrits ont besoin de polissage, d’un regard extérieur, quand il y a toujours des problèmes de chronologie qu’on ne voit pas, des incohérences, parfois même… des noms de famille qui changent en cours de route! Et les suggestions d’une personne de métier sont souvent précieuses.

 

Avez-vous toujours rêvé de devenir auteur ou votre venue à l’écriture jeunesse est un hasard de la vie ?

J’étais assez jeune, au primaire, quand je me suis rendu compte que je passais mon temps à inventer des histoires dans ma tête. La plupart du temps, je reprenais des personnages de livres ou de films que j’aimais et je leur créais de nouvelles aventures. Un jour, je me suis dit : « Peut-être que ça intéresserait les gens de lire mes histoires. Moi, j’aime lire celles des autres. » Et c’est à ce moment-là que j’ai décidé que j’écrirais des livres.

 

Avez-vous été encouragé à écrire ou vous a-t-on plutôt découragé ? Par qui ?

J’ai eu la chance d’avoir été encouragée, tant à la maison qu’à l’école. Mes professeurs de français me faisaient des recommandations de lecture. Mes parents aussi m’ont toujours soutenue. Ils sont de bons lecteurs, et mon père a fait un certificat en création littéraire. J’aime blaguer et dire que, comme j’ai sérieusement considéré l’idée d’aller étudier en danse, mes parents ont été soulagés que je me tourne vers la littérature. Pour eux, contrairement à beaucoup d’autres, il y avait beaucoup de débouchés là-dedans! 😉

 

Vous a-t-on déjà refusé un manuscrit ?

Oh oui! Mon premier roman jeunesse (qui est paru chez De Mortagne sous le titre d’Inséparables) a été refusé par au moins cinq autres maisons. Il y a de quoi : il était trop court, l’intrigue et les personnages n’étaient pas assez développés. C’est justement sur les conseils de directrices littéraires que j’ai pu l’améliorer pour qu’il se tienne et soit publié.

 

Avez-vous une opinion à propos des mauvaises critiques ?

Certains disent qu’on ne devrait pas publier de mauvaises critiques. Pas de livres québécois, ou pas de premières œuvres. Que, si ce n’est pas bon, on ne devrait juste pas en parler. Je ne suis pas d’accord. La critique (celle qui réfléchit) est indispensable si on veut évoluer en tant que littérature. Bien sûr, l’auteur(e) est libre d’en faire ce qu’il veut par la suite. Un critique qui ne fait que de bons commentaires perd ma confiance : je me dis qu’il est téteux ou bien qu’il manque sérieusement de rigueur!

 

Vos amis proches sont-ils aussi auteurs ?

J’ai des amis et amies proches qui sont auteurs, connus pour la plupart à l’université. D’autres sont venus au fil de mon travail comme réviseuse, correctrice et éditrice pigiste. Mais j’ai aussi plusieurs amis et amies proches qui sont dans d’autres domaines. Mon amoureux aussi!

 

Pourquoi avez-vous écrit ce livre ?

À mon troisième roman jeunesse dans la même collection, qui s’adresse explicitement aux jeunes filles de la fin du primaire et du début du secondaire, je voulais « faire différent ». Dans les deux premiers, je traitais beaucoup de personnages qui manquaient un peu d’estime de soi – ce qui est très courant chez les ados, mais donc aussi dans la littérature pour ados! Je voulais faire changement, et aussi je voulais qu’il n’y ait pas d’histoire d’amour. Je voulais une fille fonceuse qui sait où elle s’en va et n’a besoin de personne, ce qui ne l’empêche pas de s’entourer d’amis précieux (qu’elle cherche à aider maladroitement). Bref, je voulais faire passer des valeurs féministes à travers une histoire que j’estime amusante et attachante.  

 

Parlez-nous de votre enfance : vos parents, vos frères, vos sœurs, etc.

Dans mon enfance, je n’avais qu’un frère, nous avons moins de deux ans de différence. Il vit aujourd’hui aux États-Unis, et il écrit aussi. Ma sœur (fille de ma mère) est née quand j’avais douze ans. Elle a donc la vingtaine et étudie à l’Université de Sherbrooke. Quant à mon autre frère (fils de mon père)… nous avons seize ans de différence et il est toujours au secondaire!

 

Quel genre d’histoire écriviez-vous quand vous étiez jeune ?

J’ai commencé plein de romans que je n’ai jamais finis – pourquoi ne pas avoir juste écrit des textes plus courts?… 😉 Je copiais les styles des romans que j’aimais, souvent des romans historiques ou avec des princesses. Bref, des trucs que je ne connaissais absolument pas! Normal que je me décourage!

J’ai aussi une petite fibre « science-fiction »… Je sors du placard pour dire que j’ai déjà écrit de la fan fiction de La guerre des étoiles! Eh oui!

 

Quand vous commencez à écrire une histoire, la connaissez-vous en entier ou improvisez-vous au fur et à mesure ?

Pour mon premier livre, j’ai beaucoup improvisé, ce qui m’a laissé beaucoup de fils à nouer à la fin. Pour mon deuxième, j’ai fait un plan, car j’avais une narration parallèle (deux jumelles) et les chapitres fonctionnaient par paire : le tout se déroulait en même temps. Donc, je ne devais pas m’emmêler les pinceaux. J’ai découvert ainsi que cela me permettait d’avancer plus efficacement quand je me mettais à l’écriture en tant que telle, et que cela me permettait de surmonter le fameux syndrome de la page blanche. Pour mon troisième, j’ai établi un plan très détaillé, chapitre par chapitre, ce qui m’a permis de régler de nombreux détails et petits problèmes avant même la rédaction. Une fois que je me suis attelée à celle-ci, mes plages horaires ont été vraiment mieux mises à profit.

 

Avez-vous une ou des passions autres que la lecture et l’écriture ?

Oui! Il s’agit de la danse, que je pratique depuis mon adolescence. Je fais de la danse orientale depuis maintenant huit ans. J’ai même été apprentie dans une troupe professionnelle. Je me produis parfois en tant que soliste et j’ai récolté une médaille d’or en tant que semi-professionnelle l’an dernier. Je suis aussi des cours de ballet classique quelques fois par semaine; j’adore ça, mais laissez-moi vous dire que commencer les pointes dans la trentaine, c’est pas trop reluisant! 😉

 

Crédit photo: Julie Artacho